PRESENTATION DE CRE-ACTION PSY
Association loi 1901
1, rue du Département
85200 FONTENAY LE COMTE
Tél. : 06.73.52.59.31
e-mail : cre.actionpsy@laposte.net
La maladie mentale, selon une tradition établie remontant au XIXème Siècle pouvait être considérée comme une voie d’accès privilégiée à l’étude du psychisme de l’homme en général.
C’est dire qu’être "Psy" c’était bien entendu prendre en charge la lourdeur et la diversité des problèmes rencontrés dans le champ psychiatrique, mais c’était aussi exercer une profession qui nous donnait la responsabilité de contribuer à la connaissance de l’homme au delà de celle du malade mental.
Aujourd’hui, prétendant emboîter le pas à la science, la psychiatrie n’est-elle pas devenue acéphale. Il ne s’agirait plus de réfléchir mais seulement de compter, d’évaluer.
L’approche clinique a pratiquement disparu remplacée par un codage des symptômes pour répondre aux objectifs de la recherche.
Et les attaques actuelles contre le psychanalyste sont inspirées par le même désir général : en finir avec l’analyse de la psyché, qu’elle soit l’œuvre des psychanalystes ou celle des psychiatres et psychologues.
La vieille neuropsychiatrie renaît de ses cendres : branche cadette de la neurologie, elle relève exclusivement du cerveau. Cela veut dire qu’il est aussi inutile d’écouter un malade que, par exemple de tenter de faire parler un estomac, un rein ou une hématie.
Il suffit de cocher les cases des protocoles établis à l’avance et de laisser l’ordinateur donner les réponses.
« Ce n’est pas la maladie mentale qui fait peur ou pas seulement ce sont les questions que pose le psychisme de l’homme. » aimait à rappeler A. GREEN.
Aujourd’hui, dans un tel contexte et face à l’amour exagéré qu’affiche bon nombre de nos collègues psys pour l’argent, le pouvoir, le confort, face à l’attitude faussement sérieuse de débats faussement complexes qui cachent à peine les luttes de palais, et alors que la primauté du fait comptable sur la dimension soignante obère lourdement les perspectives de prise en charge, nous nous posons la question, avec M. BENASAYAG de savoir « comment rester psys ? ».
Nous répondons en relevant le défi d’une pensée et d’une praxie à la hauteur du nouveau malaise dans la civilisation.
Forts de notre expérience en psychiatrie et dans le social, nous avons pour objectif prioritaire de défendre une conception du sujet humain qui ne se résume pas de notre point de vue à un ensemble de neurones et par là même une certaine conception du soin.
Avec "CRE-ACTION PSY", nous avons choisi d’être moins amidonnés, moins précieuses ridicules, moins conseillers du prince et de résister à la "clinique américaine de la normalisation". C’est-à-dire, de lutter contre les simplifications, les schématisations, les réductions, dont la science, ou soi-disant telle, fait prétexte pour imposer ses "vues de l’esprit".
"CRE-ACTION PSY" sera un lieu permanent d’échanges et de concertation entre les praticiens des différentes pratiques psys mais aussi avec nos partenaires du champ social.
Il s’agira de mieux connaître le "champ psy" dans son ensemble, d’interroger son articulation avec le social, de diffuser de l’information, d’orienter, de conseiller, d’organiser des soirées-débats, séminaires, conférences ou formations, s’inscrire dans une dynamique de recherche donnant lieu à parution, être un véritable lieu-ressource, enfin intervenir auprès des pouvoirs publics quand nécessaire.
cheminement vers l'humain:
Toutes les civilisations ont à édifier ce que les anciens théologiens appelaient "une architecture invisible", l’architecture des repères précisément.
Pierre LEGENDRE, historien du droit, nous l’a fort bien montré : instituer la raison, c’est mettre en scène, dans la culture, les repères.
Or, il suffit de regarder autour de soi pour constater un effritement des marqueurs sociaux, des médiations symbolisantes, des repères identificatoires.
Pas un seul secteur n’échappe aujourd’hui à ce qu’il est convenu d’appeler "la crise" : hôpital, travail social, université, école, recherche, famille…
Et ce qui semble en cause, ainsi que le souligne Philippe LABBÉ, « est moins la spécificité de chaque institution que le principe même de l’institution en tant qu’entité mandatée et reconnue pour dire ce qui est juste ».
Les règles du jeu social perdent leur sens de pacte organisateur et ne semblent tendre qu’à des rapports de force, qu’à des liens rompus.
Qu’en est-il, qu’en sera-t-il de l’homme quand la dureté du temps et le manque à penser se conjuguent et se conjugueront en rentabilité, sécurité, modernité et scientificité ?
De quelles certitudes, de quels recours pourra-t-il se soutenir ?
Qu’est-ce qui rend les hommes humains au sein de la vie sociale ?
Dans le cadre de ce séminaire, notre approche de l’humain s’autorisera de l’examen d’un certain nombre de valeurs.
Nous nous intéresserons aux coulisses de l’être, aux va-et-vient entre le sujet et la culture, à la logique de l’identité.
Nous "interrogerons" ces institutions qui construisent l’abri humain, l’édifice de la raison.
Nous "interrogerons" la psychiatrie. Jusqu’à quel point résiste-t-elle aux influences, si ce n’est aux dérives de l’époque ?
Le sujet est-il toujours l’objet de la psychiatrie ?
Jean-Claude BARBEAU
mardi 17 mars 2009
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